Shiva est marocaine !

« La nuit. Se réveiller. Pour la 3ème fois. Allez bébé, sois cool, laisse Maman dormir. Ne déconne pas avec moi! Laissemoi dormir, juste vingt minutes. Douze alors? Deux?!! Non merci, sans façon, deux minutes, c’est juste le temps de pleurer un peu, sécher mes larmes et te redonner le troisième sein. Un biberon alors? J’ose le biberon ? »

On aurait pu penser qu’avec l’émancipation des femmes, la contraception et l’évolution des mœurs, la maternité aurait été un choix plus qu’une fatalité. Sauf que dès que l’on perd les eaux, on se met à nager nous-mêmes, on rame pas mal entre couches, biberons et nuits blanches. Travailler la nuit. Travailler le jour.

Oui, oui, je sais, on a voulu le divorce, on l’a eu, la pilule, on l’a eue, l’avortement ? Euh… ils réfléchissent encore… mais après tout, ce sont nous, les femmes, qui voulons entretenir ce mythe de la « Super Woman », de la « mère-Shiva », jusqu’à ce que les bras nous en tombent. Nous prendrions-nous pour des Déesses multitâches ? Nous voulons une carrière, une belle maison, un mari idéal, et dès qu’on commence à s’ennuyer un peu ou que notre horloge biologique s’emballe, hop ! On fait un enfant ! Nous pensons diriger le cours de notre vie et nous ne voulons renoncer à rien. Face à cela, le message véhiculé par la société actuelle est sans appel : « la maternité, c’est le bonheur ». Comme les femmes n’ont toujours ni les responsabilités ni les salaires des hommes, le devoir sacré de maternité est le seul domaine dans lequel nous pouvons nous accomplir pleinement. Bien sympathique cette prétendue supériorité de l’instinct maternel versus paternel, mais cette valorisation ne remet pas en cause notre subordination aux hommes ; bien que, force est de reconnaître que l’on nous console une fois l’an avec une jolie fête des mères !

Et il n’y a pas de distinction entre les mères au foyer et les mères actives. Si les premières souffrent de leur isolement, les secondes subissent le stress de la double journée et d’un rythme effréné. Ainsi, les femmes se persuadent que l’arrivée d’un enfant dans leur vie va venir combler leurs désirs de bonheur et de réussite. Nombreuses sont celles qui se jettent tête baissée dans l’aventure, sans savoir ce qui les attend vraiment. Une motivation peutêtre : ne dit-on pas que le paradis est sous la plante des pieds des mamans ? Probablement. Donc, en gros, les mères auraient la vie dure car elles ont l’assurance tout-risque du paradis ? Oui, mais pourrait-on aspirer à un avant-goût de paradis sur terre ? Un petit allègement des charges domestiques et éducatives des enfants ?

Comment s’en sortir alors ?

Faisons le deuil de la mère idéale afin de voir que la réalité se compose tout autant de difficultés que de bonheurs. Acceptons de pouvoir craquer. Autorisons-nous à ne pas être la mère parfaite ! Toute la subtilité d’un bon équilibre psychique serait dans l’alchimie complexe entre réaliser ses aspirations personnelles et répondre à des rôles sociaux omniprésents. Il faudrait donc que nous soyons en simultané, la petite fille modèle, la bachelière avec mention, la diplômée intello, la femme moderne, l’épouse parfaite, l’amante performante, la maman multitâches, la sportive tout-terrain, la carriériste accomplie, et tout cela en même temps et avec le sourire s’il-vous-plait??!!

Gare au Burn-Out, donc !

Car c’est bien cela, le «Burn-Out» : terme jusque-là réservé à l’épuisement professionnel. C’est ce qui arrive lorsque des mères, à l’image de certains salariés, cherchent à atteindre cette perfection idéalisée, et y consument littéralement toute leur énergie, physique, mais aussi psychique. Plus la mère cherche à tout réussir, plus tout lui échappe. Elle a alors l’impression de n’avoir assez de temps pour personne : ni pour elle, ni pour ses enfants, ni pour son couple, quand il y en a un. Pour essayer d’économiser ses forces, la mère prend ses distances, notamment sur le plan affectif, y compris dans son couple. Mais très vite, cet état second la ronge. Elle réalise qu’elle s’éloigne chaque jour un peu plus de ce rôle de mère parfaite qu’elle cherchait pourtant à atteindre. Elle se dénigre, se déconsidère, perd confiance.

Alors Stop !

› Urgent de sortir de ce cercle vicieux.

› Faîtes confiance à vos enfants.

› Acceptez de dé-lé-guer.

› Réalisez-vous à travers ce que vous êtes, et non par ce que vous faîtes.

› Usez de votre droit de ne pas être des déesses.

› Pourquoi porter la montagne que vous étiez seulement censées gravir ?

› Vous n’avez plus rien à prouver !

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