L’édito de Younes Lahiaoui : Apologie de la paresse

Selon m’sieur Larousse, la paresse est le comportement de quelqu’un qui répugne à l’effort ; une propension à ne rien faire, en gros. Considérée comme un péché dans la religion catholique, décriée au nom de la « morale » économique ; la paresse, la pauvre, n’a pas bonne presse…

Et pourtant, il est des situations où la paresse est tout de même de rigueur ! Lorsque l’effort ne mène à rien, un peu de « flemme » face à l’impasse, nous propulse parfois comme par magie, vers le champ des possibles, de l’enchantement, de l’évidence. « J’ai toujours été fasciné par la loi de l’effort inverse, disait Alan Watts, quand vous essayez de rester à la surface de l’eau, vous coulez ; mais quand vous essayez de couler, vous flottez ! »

L’obsession de l’Homme par la ‘possession’ de certitudes spirituelles et intellectuelles, est parfois effrayante. Cela ne s’apparente-t-il pas à une forme de… comment dire ? De fondamentalisme ?

Pourquoi s’acharner à se doter de certitudes ? Pire encore, pourquoi se démonter pour les imposer à son prochain ? Entre ceux qui s’affairent à nous faire avaler de force leurs saloperies, et les salops qui n’en ont rien à faire, c’est les deuxièmes que je préfère ! Que les premiers gardent leurs convictions, et qu’ils nous laissent nos doutes. Mes doutes moi, je les ai rêvés ; Les convictions, je les redoute. Face à la frénésie des convictions et à la contrebande des certitudes, la paresse mérite d’être défendue, réhabilitée, prônée et même, élevée au rang de valeur.

Du coup, flemmard comme je suis et rêveur (and i’m not the only one !), alangui sur un sofa bien moelleux, sirotant un thé à la menthe bien mousseux, sous un ciel bleu indigo bien… bleu, je réclame fort et sans effort SVP, mon droit à la paresse !

P.S. Mais attention tout de même : je travaille dur, très dur pour accoucher de cette lecture ! Quand à vous, lisez votre NAFS Magazine comme de parfaits paresseux, lentement, mollement, paisiblement ; doucement mais sûrement car, comme dirait l’autre, rien ne sert de courir ; il faut partir à point !

 

 

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